D11 : Eine schöne merkwürdige Historie des heiligen Bischofs Gregorius auf dem Stein

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Présentation

Édition : Peter Andersen

Description succincte

  • Témoins : 1 édition (1839)
  • Longueur totale des témoins : 49 pages
  • Témoin de référence : édition de 1839
  • Longueur du témoin de référence : 49 pages, 1360 lignes et 11478 mots
  • Référence numérique : ligne du témoin de référence
  • Auteur : Karl Simrock
  • Lieu : Probablement Bonn
  • Date : 1839
  • Source : D1 et D10-5

Facsimilés

  • D11 (Simrock 1839 ; Strasbourg BNU, CD.166.704, p. 1-52)

Structure

  • 26 épisodes : 1 (1-32), 2 (32-42), 3 (43-88), 4 (88-111), 5 (112-140), 6 (141-148), 7 (148-195), 8 (196-243), 9 (244-259), 10 (260-333), 11 (333-349), 12 (350-431), 13 (431-643), 14 (644-680), 15 (681-748), 16 (749-810), 17 (811-887), 18 (888-968), 19 (969-1073), 20 (1073-1096), 21 (1096-1137), 22 (1137-1165), 23 (1166-1240), 24 (1241-1248), 25 (1249-1348), 26 (1349-1360)

Discours direct

  • 85 répliques entre doubles guillemets : 19, 62, 65, 69, 78, 95, 103, 177, 285, 288, 317, 319, 321, 326, 395, 433, 439, 448, 465, 488, 504, 516, 542, 559, 573, 599, 615, 622, 626, 633, 659, 670, 674, 700, 750, 755, 759, 772, 782, 786, 831, 833, 837, 863, 889, 895, 899, 906, 920, 941, 952, 957, 981, 10109, 1034, 1044, 1077, 1090, 1093, 1115, 1160, 1169, 1174, 1185, 1200, 1234, 1256, 1277, 1279, 1281, 1282, 1284, 1285, 1287, 1288, 1289, 1292, 1292, 1293, 1293, 1293, 1294, 1302, 1317, 1353 (dont 12 coupées par des incises : 433, 439, 488, 504, 516, 573, 600, 622, 627, 634, 1090, 1317)

D11-3 (1839) Strasbourg BNU (détail)

Eine schöne merkwürdige Historie des heiligen Bischofs Gregorius auf dem Stein, 1839, p. 3
Strasbourg BNU, CD.166.704, p. 3


La onzième version allemande de la légende du Bon Pécheur est une édition illustrée publiée en 1839 par Karl Simrock (1802-1876) sous le titre Eine schöne merkwürdige Historie des heiligen Bischofs Gregorius auf dem Stein genannt (Une belle et étrange histoire du saint évêque appelé Grégoire sur le rocher). Ce titre figure sur la couverture illustrée d’une gravure montant un triptyque avec au centre un vieillard lisant un livre à deux enfants, à gauche un personnage avec un miroir, probablement Till Eulenspiegel, à droite un héros terrassant un dragon, peut-être Siegfried. Sur le feuillet suivant, nous trouvons un titre abrégé : Gregorius auf dem Stein. Eine schöne merkwürdige Historie. Nous retenons la variante complète pour distinguer le texte clairement des versions apparentées, notamment les deux éditions de Christian Everaerts parues entre 1790 et 1814 sous le titre Eine schöne merkwürdige Historie des heiligen Bischofs GREGORII auf dem Stein genannt (D10-4 et D10-5). Ce titre diffère seulement de celui de Simrock dans le nom du protagoniste, au génitif dans l’édition d’Everaerts, au nominatif dans celle de Simrock.

Avec un total de 11478 mots sans prise en compte des paratextes, le texte de Simrock est nettement plus long que ceux d’Everaerts. Sa première édition compte seulement 7966 mots en incluant le titre, sa seconde édition environ 200 mots de moins en raison de la suppression des sous-titres des chapitres. L’accroissement d’environ 50 % du volume textuel est dû au recours à une autre source, l’une des deux premières éditions à peu près complètes du Gregorius de Hartmann (D1), publiées toutes les deux en 1838, d’après le manuscrit A par Carl Greith (3764 vers) et d’après les manuscrits ABCDE par Karl Lachmann (3834 vers), dans les deux cas sans le prologue (D1 1-170). Simrock maîtrisait le moyen-haut-moyen et comprenait parfaitement ces deux éditions. Il possédait un exemplaire de la seconde édition d’Everaerts et le couvrit d’annotations. Cet exemplaire se trouve aujourd’hui à Weimar. Nous l’avons choisi comme représentant de l’édition que nous avons dotée du sigle D10-5. Cette édition étant très proche de la précédente, nous n’avons édité que la première édition d’Everaerts (D10-4). Dans les notes qui accompagnent notre traduction française du texte de Simrock, nous citons par commodité les lignes de notre propre édition plutôt que l’exemplaire de Weimar.

Le texte de Simrock est le deuxième d’une série de 19 histoires anciennes qu’il publia entre 1839 et 1846 séparément sous le titre programmatique Deutsche Volksbücher (livres populaires allemands). Aucune des 19 éditions n’est datée explicitement. La couverture indique seulement que le texte en question est « imprimé en cette année » (Gedruckt in diesem Jahr). La maison d’édition, la Vereins-Buchhandlung de Berlin, présenta la série prévue dans une annonce ajoutée à la fin et comportant une date. Selon cette annonce finale, Gregorius auf dem Stein parut en mars 1839. Le livre fut vendu pour 5 Silbergroschen (sous d’argent), équivalant à 4 Gute Groschen (bons sous). Jusqu’en 1821, un thaler équivalait à 24 Gute Groschen en Prusse, à partir de cette année-là 30 Silbergroschen.

Une autre annonce précédant la couverture présente l’objectif de la série. Elle explique que Simrock avait commencé à collectionner les éditions défigurées que l’on trouve « à présent aux coins des rues, aux foires et sur les marchés » (jetzt an den Straßenecken, auf Messen und Märkten), que depuis 1830 il s’efforçait par la comparaison de rétablir « leur authenticité originale » (ihrer ursprünglichen Aechtheit) et qu’il visait à éditer « un texte aussi pur et noble que possible » (einen möglichst reinen, edlen Text). La comparaison entre l’édition d’Everaerts et le Gregorius de Hartmann ne devint possible qu’en 1838. Simrock composa donc son texte entre 1838 et mars 1839. Outre la gravure ornant la couverture, conçue pour le premier numéro de la série et réemployée aussi pour les numéros 3 et 5, le second numéro avec le Bon Pécheur contient 12 xylographies réalisées par Friedrich Wilhelm Gubitz (1786-1870) d’après des dessins d’Eduard Holbein (1807-1875). Gubitz était professeur à la Berliner Kunstakademie depuis 1805, Eduard Holbein un de ses élèves là-bas jusqu'en 1832. Ce dernier devient à son tour professeur au même endroit en 1853. Leurs gravures ne sont pas signées d’un monogramme. Ils réalisèrent ensemble les gravures des cinq premiers numéros de la série parus entre 1839 et 1843.

Karl Simrock est né en 1802 à Bonn dans une famille francophile. En 1822, il commença des études de droit à Berlin. Il y assista parallèlement aux conférences de Friedrich von der Hagen (1780-1856) et Karl Lachmann (1793-1851) sur la littérature médiévale allemande, fit la connaissance des frères Grimm et acquit une notoriété nationale en 1827 grâce à une traduction allemande de la Chanson des Nibelungen. En 1832, il retourna à Bonn où il mourut en 1876. Il compte parmi les auteurs allemands les plus lus au XIXe siècle et doit en premier lieu sa popularité à ses deux séries de Volksbücher. La seconde série se compose de 13 volumes parus entre 1845 et 1867 avec un total de 55 histoires non illustrées. L’histoire du Bon Pécheur incluse en 1865 dans le volume XII (D10-6) ne correspond pas à celle de 1839. C’est une réédition légèrement remaniée de la seconde édition d’Everaerts (D10-5).

Les deux textes édités par Simrock en 1839 et 1865 sous le même titre ont longtemps été confondus dans la recherche. Ce n’est qu’en 1963 que Hans Elema (1904-1977), professeur de littérature allemande à la Rijksuniversiteit Groningen de 1957 à 1970, démontra qu’il s’agissait de deux versions bien distinctes. Il les dota des sigles S1 (D11) et S2 (D10-6). Grâce à l’analyse de 11 citations du texte de 1839 qu’il confronta au Gregorius de Hartmann, à un incunable de 1489 avec Der Heiligen Leben (D6-16) et à l’exemplaire de Hambourg de l’édition d’Everaerts (D10-5), Elema parvint à la conclusion que le Gregorius de Hartmann constitue la source principale du texte de 1839, que Simrock combina la nouvelle médiévale avec quelques passages empruntés à l’édition d’Everaerts et qu’il opéra sporadiquement des modifications personnelles visant à reconstituer la pureté originale du récit. Selon Elema (1963, p. 300), le résultat est « une étrange forme hybride composée de traits médiévaux, baroques et modernes, un véritable patchwork plutôt qu'une forme originelle pure » (eine merkwürdige, aus mittelalterlichen, barocken und modernen Zügen zusammengesetzte Zwitterform, ein Sammelsurium mehr als eine reine Urform). Certains passages sont toutefois « une traduction littérale ou libre du Gregorius de Hartmann » (eine buchstäbliche oder freie Übersetzung von Hartmanns Gregorius) (ibidem, p. 299). Ainsi, nous pouvons dans une certaine mesure considérer ce texte de Simrock comme la première traduction moderne de la nouvelle de Hartmann.

L’édition de 1839 est relativement rare. Nous avons localisé 17 exemplaires dont deux en lignes et un en vente au 30/11/2025 au prix de 290 € : Berlin SB (Yt 4031), Berlin SB (32 MA 14002, volume avec les cinq premiers numéros de la série), Bischheim, propriété de l'éditeur (volume avec les cinq premiers numéros de la série, acheté en 2025 à Dresde pour 290 €), Erfurt UB (40-01818), Braunschweig/Universitätsbibliothek (1007-1430, en ligne), Göttingen (8 FAB VI, 1139:2), Greifswald (520/Bl 460), Halle ULB (AB 51 22/k, 19 (3), Hambourg SUB (A/34102: 2), Jena (8 G.B.267 :2), Londres BL (1079.f.22.(2.), en ligne), Rostock (Kq-71), Strasbourg BNU (CD.166.704), Weimar (Koe I : 236 [a]), Wiesbaden (60 Kb 5650 (1)), Wolfenbüttel (M: Ln 469:2), Zurich (V X 111,2).