I2 : Grigòliu Papa
Présentation
Édition : Peter Andersen & Alessia Bauer
Description succincte
- Témoins : 1 imprimé (1875)
- Sigles : I2
- Longueur totale des témoins : 5 pages
- Témoin publié et transcrit : I2
- Longueur du témoin publié : 114 lignes et 1165 mots
- Référence numérique : lignes du témoin transcrit (I2)
- Auteur : Giuseppe Pitrè (éditeur), Giovanni Patuano (conteur)
- Lieu : Palerme
- Date : 1875
- Source : I1 et D13, peut-être aussi D1
Facsimilés
- I2 (Palerme, 1875 ; Munich BSB, P.o.it. 833 i-6, p. 33-37)
Structure
- 17 épisodes : 1 (1), 2 (1-2), 3 (2-3), 7 (3-12), 10 (7-17), 11 (18-20), 12 (21-44), 14 (44-49), 16 (49-58), 17 (59-65), 18 (65-78), 19 (78), 20 (79-80), 21 (81-98), 23 (98-99), 24 (99-100), 25 (101-113), 26 (114)
Discours direct
- 22 répliques entre doubles guillemets allemands : 10, 13, 15, 16, 23, 25, 26, 29, 32, 34, 35, 42, 51, 56, 64, 65, 67, 69, 71, 73, 76, 103 (dont six coupées par des incises suivies de doubles guillemets : 66, 68, 69, 72, 77, 104)
La seconde version italienne de la légende du Bon Pécheur est un court récit sicilien publié en 1875 par Giuseppe Pitrè (1841-1916) dans un recueil en quatre volumes avec un total de 300 textes réunis sous le titre Fiabe, novelle et racconti popolari siciliani (Fables, nouvelles et récits populaires siciliens). Ce récit porte le numéro 117, couvre cinq pages dans le volume III (p. 33-37) et s’intitule Grigòliu Papa. Il est pourvu de six notes portant essentiellement sur le vocabulaire. Dans la dernière note, l’éditeur explique qu’il a recueilli le texte à Palerme d’un aveugle du nom de Giovanni Patuano. Dans un bref commentaire, il se réfère à la fois à la version sicilienne publiée en 1870 en traduction allemande par Laura Gonzenbach (notre sigle D13) et à la première version italienne publiée en 1866 en dialecte toscan par Hermann Knust sous le titre II figliolo di germani (notre sigle I1). Il évoque deux publications savantes sur la légende du Bon Pécheur et trois contes italiens présentant des motifs similaires. Dans son recueil, il attribue cinq autres récits à Giovanni Patuano (nº 54, 72, 196, 204, 252) sans donner d’autres précisions sur lui que son origine palermitaine et sa cécité. Pour ce même recueil, il eut aussi recours à deux femmes aveugles, peut-être des sœurs, Anna Brusca et Rosa Brusca. Leur cécité est mentionnée trois fois (nº 3, 249, 251). Rosa Brusca est l’une des conteuses les plus prolifiques. Dans son introduction, Pitrè la décrit comme une femme de 45 ans (1875, I, p. 20). Sa conteuse favorite est une Palermitaine illettrée, Agatuzza Messia, une arrière-grand-mère de 70 ans qui dès son enfance avait appris de sa grand-mère quantité d’histoires que cette grand-mère tenait de son aïeule, qui les tenait elle-même d’un aïeul (ibidem, p. 16). Même si sa vue avait baissé, elle n’était pas totalement aveugle. Il existe une photo de cette Sicilienne. Par ailleurs, sa biographie est presque aussi incertaine que celle d’Homère, le plus célèbre conteur aveugle de l’histoire européenne. Il semble que les autres informateurs de Pitré sont tout aussi inconnus qu’Agatuzza Messia. Leur existence est essentiellement et peut-être exclusivement attestée par Pitrè lui-même.
Giuseppe Pitrè est le pendant sicilien des frères Grimm. À Palerme, sa ville natale, il a inlassablement collecté une multitude de récits. Son œuvre majeure est la Biblioteca delle tradizioni popolari siciliane (1871-1913), composée de 25 volumes. La série de quatre volumes qui inclut le récit du Bon Pécheur fait partie du début et portent les volumes 4 à 7. Ces quatre volumes sont accompagnés d’une grammaire sicilienne, également parue en 1875.
La version de la légende du Bon Pécheur recueillie par Pitrè est proche de celles publiées respectivement en 1866 par Knust et en 1870 par Hartwig. Le motif de la colombe qui élit le protagoniste pour qu’il devienne pape est commun aux récits de Hartwig et Pitrè et absent de celui de Knust. La version de Pitrè diffère de la traduction allemande de Hartwig par l’ajout de l’épisode du mariage entre mère et fils et renoue ainsi avec la tradition, peut-être grâce à la version italienne de Knust. Il est possible, voire vraisemblable que Pitrè ait composé lui-même l’ensemble des récits qu’il attribue à divers conteurs qu’il décrit souvent comme illettrés et aveugles. Si tel est le cas, la traduction allemande de 1870 lui servit de source principale. Il est difficile de déterminer avec certitude où il puisa son inspiration pour l’épisode du mariage, peut-être à Knust, peut-être au Gregorius de Hartmann qui est mentionné par Hartwig dans une note renvoyant à l’article que Friedrich Lippold avait consacrée à cette nouvelle en 1869 (Hartwig 1870, p. 257). Cet article est la première des deux publications savantes que Pitrè cite dans son commentaire (III, p. 38).
Le texte sicilien a connu deux rééditions en 1968 et 1999 sans commentaire nouveau. Il a été traduit en anglais en 2009. Avant notre projet, il n’a fait l'objet d’aucune analyse approfondie.