D4 : Von dem heiligen sant Gregorio der genant ist auf dem steyne

Présentation

Édition : Peter Andersen

Description succincte

  • Témoins : 2 manuscrits
  • Sigles : D4-1 à D4-1 (D5-1 : témoin daté ; D4-2 : témoin non daté)
  • Longueur totale des témoins : 31 pages
  • Témoin publié et transcrit : D4-2
  • Longueur du témoin publié : 1018 lignes et 5466 mots (D4-2)
  • Référence numérique : lignes du témoin transcrit D4-2
  • Auteur : anonyme
  • Lieu : Bavière, probablement Nuremberg
  • Date : 1430/1447
  • Source : D3

Facsimilés

  • D4-1 (1447 ; Augsbourg UB, Cod. III.1.2° 2, fol. 284ra-291rb, autre sigle Hr4)
  • D4-2 (1450/1475 ; Munich BSB, Cgm 537, fol. 329va-337rb, autre sigle M17) – en noir et blanc

D4-1-284rb (1447) Augsbourg UB (Hr4) (détail)

In den zeiten was gar ein reicher man, D4-1 (Hr4), 1447, fol. 284rb
Augsbourg UB, Cod. III.1.2° 2


La quatrième version allemande de la légende du Bon Pécheur est un remaniement de la troisième et fait partie du même légendier Der Heiligen Leben, mais d’une version transformée. Le corpus de celui-ci, initialement composé d’environ 250 vies, fut augmenté et porté à 365 vies, voire plus ultérieurement. Avec ce grand nombre de vies, le légendier augmenté est le plus volumineux de l’aire germanophone à la fin du Moyen Âge. Lors du remaniement, la structure bipartite fut abandonnée au profit d’une division en trois parties avec quatre mois chacune. La légende du Bon Pécheur fait partie de la dernière partie. Ce remaniement de la structure générale fut suivi d'un remaniement des textes eux-mêmes. Ce second remaniement eut lieu entre 1430 et 1447 en Bavière, probablement à Nuremberg. Depuis 1973, le légendier augmenté et remanié est connu dans la recherche comme la « Redaktion ». Des 17 manuscrits actuellement répertoriés par le Handschriftencensus, seuls deux contiennent le récit du Bon Pécheur, un achevé en 1447 par un copiste de Lucerne se nommant Ulrich Sprenger et conservé aujourd’hui à Augsbourg (D4-1) et un autre un peu plus tardif, réalisé dans le troisième quart du XVe siècle, probablement dans l’abbaye de Rebdorf à Eichstätt, située à environ 60 km au sud de Nuremberg (D4-2).

Dans le remaniement, le récit du Bon Pécheur est explicitement rapporté au 28 novembre alors que cette date est seulement implicite dans le modèle. Le remaniement du récit lui-même est si profond que nous considérons le texte comme une nouvelle version. Il n’a été édité qu’une seule fois, en 1983 par Bernward Plate parallèment à deux manuscrits représentant la vulgate, D3-2 (F1) et D3-35 (I4). Il s’agit d’une édition synoptique à quatre colonnes, les trois premières avec les trois textes édités, la dernière avec un appareil relativement succinct, intégrant notamment les leçons divergentes de D4-1. Plate divise le texte en 478 segments sans numéroter les lignes. Il ne justifie pas son choix de D4-2 comme manuscrit de référence pour son édition. Il corrige parfois ce texte grâce à D4-1, parfois selon des critères plus subjectifs qui le conduisent notamment à des permutations non nécessaires. Nous avons également retenu D4-2 comme manuscrit de référence, car la copie d’Ulrich Sprenger est plus négligée que celle de Munich et oublie de nombreux mots. Les deux copies sont toutefois très proches. Nous avons choisi d’éditer aussi la collecte finale dans la mesure où le Bon Pécheur y est cité nommément.

Sylvia Kohushölter (2006, p. 187-190) a recelé quelques tendances générales. Le remanieur tente notamment de simplifier l’action et réduit le discours direct. Le nombre de répliques est ainsi ramené de 77 à 47 alors que la longueur globale du texte est à peu près inchangée. L’importance de la chevalerie est moins prononcée dans la discussion entre l’abbé et le protagoniste qui envisage même une carrière de prêtre dans un nouveau pays. La dimension hagiographique du récit est fortement accentuée. Cela se traduit par l’accolement presque systématique de l’épithète « sant » au nom du protagoniste, mais aussi par l’ajout d'une prière finale appelant Dieu à fortifier les pénitents à l'instar du Bon Pécheur. Cette prière est appelée « collecta ». La collecte est une oraison liturgique prononcée par le prêtre.

La version remaniée du légendier n’a pas encore été éditée dans son intégralité. Une première édition est en préparation.